Gentleman

Gentilhomme. Le mot «doux» est dérivé du mot latin Gentil un adjectif signifiant «ou appartenant au même clan, souche ou race». Tout au long du début de l'ère moderne, la naissance noble définirait en grande partie le gentleman, mais l'idéal du comportement gentleman a radicalement changé du XVIe au XVIIIe siècle.

Du Moyen Âge au XVIe siècle, un gentleman était censé être un guerrier. Le service militaire était la principale source d'anoblissement. Le monsieur devait recevoir un entraînement aux armes et s'engager dans des activités reflétant une qualité martiale. En l'absence de combat, le monsieur se livrait à la chasse ou aux tournois. La violence privée était acceptable au sein de la communauté des nobles, qui l'utilisaient souvent pour défendre leur honneur. La reconnaissance par les pairs était à bien des égards le fondement d'une noble identité.

Le roi était également un gentleman qui adhérait au code de conduite gentleman. En tant que membre de la société des nobles, il était considéré comme le premier parmi ses pairs, ou simplement comme le plus puissant des seigneurs. Tout au long du XVIe siècle, les rois étaient censés mener des troupes au combat et s'engager dans d'autres activités liées au combat telles que la chasse et les tournois.

Au XVIIe siècle, l'aspect martial du comportement gentleman a commencé à décliner. Le gentleman idéal n'était plus un guerrier mais un courtisan, bien que ces rôles se recoupent souvent. Les deux idéaux sont représentés dans Baldassare Castiglione Le Cortegiano (Le courtisan; 1528). Écrit en 1518, mais jouissant d'une énorme popularité tout au long des XVIe et XVIIe siècles, le livre de Castiglione décrit les qualités d'un courtisan idéal: formé aux armes et fidèle à son prince, mais aussi montrant une noble naissance, une grâce et un talent. Les bonnes manières, l'esprit et l'éducation sont devenus des attributs importants pour un gentleman qui résidait de plus en plus à la cour plutôt que dans ses propres domaines.

Un facteur majeur dans la transformation de l'idéal du gentleman a été la montée en puissance de l'État. Cela a été à son tour précipité par les changements dans la technologie de la guerre. La «révolution de la poudre à canon» a assuré l'obsolescence du chevalier à cheval et l'importance accrue de l'infanterie de masse. Alors qu'au Moyen Âge, les nobles pouvaient souvent se permettre de déployer des armées contre le roi, au XVIe siècle, aucun noble ne pouvait rivaliser avec l'armée du roi, qui était équipée et entraînée au moyen de l'impôt. Dans l'état nouvellement créé, le roi n'avait pas besoin d'autant de nobles pour se battre pour lui; il avait plutôt besoin de bureaucrates et d’administrateurs pour assurer une mobilisation efficace des ressources. Cela, plus qu'une noble valeur, déterminait de plus en plus l'issue de la guerre. Les nobles occupaient des postes lucratifs dans l'administration de l'État, passant moins de temps dans leurs domaines féodaux et plus de temps à la cour. Ici, ils ont conservé leur proéminence sociale, mais ils ont diminué dans leur pouvoir politique par rapport au roi. Le roi s'éloignait de plus en plus de ses camarades nobles par une propagande visant à sa glorification. À la fin du XVIIe siècle, la plupart des rois ne menaient plus leurs troupes au combat. Le roi a embauché des non-nobles dans les bureaux du gouvernement, les récompensant parfois avec des titres de noblesse. Afin de se distancier de ces fonctionnaires nouvellement anoblis, l'ancienne noblesse s'est concentrée sur leurs généalogies. Le pedigree est devenu plus important que la valeur dans la définition d'un gentleman. Cependant, le conflit entre la nouvelle noblesse et l'ancienne, ainsi que le conflit entre la noblesse et le roi, a été minimisé par les historiens récents qui soulignent que les nobles avaient beaucoup à gagner de l'État. La vie à la cour offrait une stimulation intellectuelle, la société des femmes et un certain type de pouvoir politique qui fonctionnait à travers des réseaux de favoritisme.

La présence à la cour exigeait de la «courtoisie», et le code de conduite gentleman mettait un nouvel accent sur l'autodiscipline. Une prolifération de manuels d'étiquette s'est produite aux XVIe et XVIIe siècles, réglementant le comportement dans un environnement courtois. Revendiquant le monopole de la violence, l'État ne tolérait plus la violence privée entre nobles. Le gentleman s'est distingué par sa culture et son raffinement plutôt que par ses prouesses militaires ou sa domination politique.

La nature du gentleman a de nouveau changé au XVIIIe siècle en réponse à une nouvelle réalité économique: l'économie capitaliste. Alors que dans le passé le gentilhomme tirait ses revenus de la terre ou des bureaux du gouvernement, au dix-huitième siècle, le gentilhomme était autorisé à se livrer à certaines formes de commerce. Ainsi les nobles se sont adaptés à la nouvelle économie capitaliste, tout en maintenant leur position au sommet de la hiérarchie sociale et économique.

En termes de culture, la préoccupation du XVIIe siècle pour la «civilité» a cédé la place à l'accent mis au XVIIIe siècle sur la «sociabilité». Alors que la civilité dictait les relations entre personnes de statut inégal dans le monde hiérarchique de la cour, la sociabilité était un lien d'amitié entre égaux. La sociabilité régit les relations hors du tribunal, en particulier dans le cadre du salon, un environnement social souvent dominé par les femmes. De plus en plus, le gentleman idéal habitait des espaces privés non touchés par l'État. Il y avait un nouvel accent sur l'intimité qui est apparu dans l'architecture des maisons de campagne. Celles-ci reflétaient l'individualité de leurs propriétaires. Les chambres privées témoignent d'un désir accru d'espace privé. L'apparence et la conduite propres du courtisan, si importantes au XVIIe siècle, devinrent moins importantes que l'introspection et la conscience de soi. Cette intériorité se reflète dans l'essor du roman, genre rendu possible par la nouvelle insistance sur l'individualité.

Un débat remontant à la Renaissance italienne a posé la question de savoir si la naissance ou la vertu définissaient le vrai gentleman. Le débat s'est poursuivi tout au long de l'ère moderne, malgré des changements majeurs dans le sens du mot «vertu». Qu'il ait fait preuve d'une valeur, d'un raffinement ou d'une sensibilité supérieurs, le monsieur a conservé sa position au sommet de la hiérarchie culturelle tout au long de l'ère moderne.